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Poèmes

1.

archipel

points de fuite

nous les obliques de l’oubli

 

les envers nous surprennent

quand le corps traverse la dérive

et que chavirent les fleuves

 

points de fuite fuyant l’univers

dans nos bras

la fluidité du bleu

 

archipel immenses crevasses où l’eau s’infiltre partout

archipel

m’enveloppe m’enferme dans un cercle où

l’hiatus me ronge m’étouffe

phrases fendues

l’hiatus me prend me viole

dans le cri le spasme

hiatus me tue me trahit

à travers des mots en éclats

 

(extrait de : Archipel )

 

2.

parenthèse comme état extrême

comme déchet géométrique :

par quoi le texte saigne en son écriture

 

au lieu effondré des mots

vouloir que l’univers se déchire

 

ma bouche accrochée à sa nausée

fixer l’impossible

 

écrire

dans une immense trahison

seul le cri subsiste

 

(extrait de : Archipel )

 

3.

Khaos

tout refuge dissipé

le bleu de la nuit

brise mes doigts

 

l’archipel

en son éclatement

glisse dans la peau

 

les mots inachevés

le texte

brouillon

ratures comme plaies

 

tout ce tragique qui explose et se répand

poésie à tout jamais déchirée

 

le cri

devenu impossible

 

(extrait de : Archipel )

 

4.

le hasard en lui-même trahi

se bouscule

telle la pluie qui se fracasse aux vitres

 

l’océan s’agite

tumulte en mon ventre

l’océan

écrire

un désert accroché à la peau

 

au miroir brisé

l’univers forme

ses géométries blessées

visage perdu

 

dans les fissures du tracé

le cri s’insinue

porté par des vents nocturnes

des terres fumantes profondes

coulent sur nous comme un fruit éclaté

 

il y a de ces phrases émergées

d’on ne sait quel étang

et qui nous retiennent

dans les courbes de l’aimé

 

se blottir

entre les parenthèses du vent

étouffer à l’intérieur

de la bille cosmique

le temps tremble

dans les entrailles de l’écrit

 

(extrait de : Archipel )

 

5.

soulevé ton corps bien qu’endormi en ces heures où

d’immenses rochers se forment

la terre les branches les troncs

présence à moi farouche                      étreinte de la toile

je ne te reconnais plus et pourtant je m’accroche

à ta peau

car à la roche je me suis heurté comme

au triangle de mon récit

mes mains tremblantes

se coupent à la montagne

parcourir l’insituable

pour épuiser la honte

rocher dressé

en ses crevasses s’abîment

des lumières

 

(extrait de : Archipel )

 

6.

comment expliquer

l’horizon

nu

à travers les voiles

du désir

en gestes multipliés

persistante

la vibration comme des lueurs ludiques

 

gouffre dessiné

trace dernière

poussière jusqu’à nous

flottante

 

(extrait de : Archipel )

 

7.

CIEUX

tourterelle cou coupé

cendres

s’effondrent

les cieux

 

l’étrangeté du lit

le souffle de ta bouche

dans la lumière embrouillée

de la mélancolie

 

un vertige bleu

brûle

tes paumes

 

cieux impénétrables

prenez-moi

dans votre pureté

 

(extrait de : Gestes posthumes)

 

8.

VENT

comme de grands gestes

portés

sur l’espace

des conversations

sur le temps fardé de neige

 

(extrait de : Gestes posthumes)

 

9.

ULTIME L’ÎLE EN SON EXIL

de la nuit

il ne restera

qu’un globe

de lumière

 

s’élever

vers un soleil

illusion

route brûlante

la terre se perd

et m’aspire

 

me voici

dans l’océan

errant

 

là-bas

un souffle  s’échappe

des ombres dernières

crachant

le souffre

 

ne me laisse pas partir

 

(extrait de : Gestes posthumes)

9.

sur le seuil

se tient

un corps ténébreux

je rejette ma tête en arrière

mes bras s’élèvent

 

mes mains glisseront

dans un néant

profond

l’instant

le vent

confondu à la pluie

mes mains lèveront les ténèbres

 

le ciel mauve est crevassé

de noir

mais

ma bouche s’ouvre

 

recevoir encore

ton amour

 

(extrait de : Gestes posthumes)

 

10.

L’ABÎME EST VIOLET

les roches remplissent

de sang

les fleuves du monde

 

le monde

le sang du monde

remplissant de sang

les fleuves de sang

les roches de sang

le sang remplissant les corps

saignant

dans la destruction du monde

 

(extrait de : Gestes posthumes)

 

11.

pourquoi sur tes épaules

le soleil se couche-t-il

pourquoi sur ta nuque

le vent échoue-t-il

et revient se noyer

dans ta gorge

 

des visions de brume bleue

prennent le large

vont mourir

inquiétude

solitude

des mondes dérivent

l’inutilité de veiller

 

(extrait de : Gestes posthumes)

 

 

 

 

 

 

 

 

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